1. Toujours plus petit
Pendant plusieurs décennies, les progrès de la fabrication ont permis de réduire régulièrement la taille des transistors.
Cette évolution permet de placer davantage de transistors sur une même surface, et donc de construire des circuits toujours plus complexes.
Cette tendance a longtemps été résumée par la loi de Moore, qui décrit l'augmentation régulière du nombre de transistors intégrés dans les circuits.
2. Consommation et chaleur
Un transistor consomme de l'énergie lorsqu'il change d'état. Lorsqu'une puce contient des milliards de transistors fonctionnant à grande vitesse, la consommation totale peut devenir importante.
Une partie de cette énergie est transformée en chaleur. Cette chaleur doit être évacuée, car une température trop élevée peut perturber le fonctionnement du circuit ou l'endommager.
Plus de fréquence
Augmenter la fréquence permet d'effectuer davantage d'opérations par seconde, mais augmente aussi la consommation et la chaleur produite.
Plus de transistors
Intégrer toujours davantage de transistors augmente les possibilités de calcul, mais complique également la gestion énergétique et thermique.
3. Des limites physiques
Lorsque les transistors deviennent extrêmement petits, leur fabrication devient de plus en plus difficile.
Mais il existe une limite plus fondamentale : à l'échelle de quelques nanomètres, certains phénomènes physiques qui pouvaient auparavant être négligés prennent une importance croissante.
Des courants de fuite
Un transistor fonctionne comme un interrupteur commandé : il doit pouvoir laisser passer ou bloquer un courant électrique.
Lorsque ses dimensions deviennent très faibles, il devient cependant plus difficile d'empêcher complètement le passage des électrons.
De faibles courants peuvent alors circuler même lorsque le transistor devrait être bloqué. On parle de courants de fuite.
L'effet tunnel
À très petite échelle, les lois de la physique quantique deviennent importantes.
Certaines parties d'un transistor constituent normalement une barrière que les électrons ne devraient pas franchir.
Mais lorsque cette barrière devient extrêmement mince, un électron peut avoir une certaine probabilité de se retrouver de l'autre côté, même s'il ne possède pas, selon la physique classique, l'énergie nécessaire pour la franchir.
Ce phénomène quantique est appelé effet tunnel.
Une fabrication toujours plus difficile
À ces limites physiques s'ajoutent des difficultés industrielles. Fabriquer des milliards de transistors avec des dimensions aussi faibles nécessite des procédés extrêmement précis, complexes et coûteux.
| Problème | Conséquence |
|---|---|
| Dimensions extrêmement faibles | Comportement électrique plus difficile à maîtriser |
| Courants de fuite | Consommation d'énergie même lorsque certains transistors devraient être bloqués |
| Effets quantiques, dont l'effet tunnel | Passage possible d'électrons à travers certaines barrières très minces |
| Dissipation thermique | Évacuation de la chaleur de plus en plus difficile |
| Fabrication | Procédés de plus en plus complexes et coûteux |
4. Continuer autrement
Les constructeurs ne cherchent donc plus uniquement à réduire la taille des transistors ou à augmenter la fréquence.
D'autres stratégies permettent de poursuivre l'amélioration des performances.
Les processeurs multicœurs
Au lieu d'utiliser un seul cœur fonctionnant toujours plus vite, on peut intégrer plusieurs cœurs de calcul sur une même puce.
Plusieurs tâches peuvent alors être exécutées en parallèle, lorsque les programmes sont conçus pour en profiter.
Les circuits spécialisés
Certaines tâches sont confiées à des circuits conçus pour un usage particulier : calcul graphique, intelligence artificielle, vidéo, chiffrement...
Un circuit spécialisé peut réaliser une tâche donnée avec une meilleure efficacité énergétique qu'un processeur généraliste.
Les chiplets
Une autre approche consiste à ne plus fabriquer toute la puce comme un seul bloc.
Plusieurs petites puces, appelées chiplets, peuvent être assemblées dans un même boîtier.
L'empilement 3D
Au lieu de disposer tous les composants uniquement les uns à côté des autres, on peut également les empiler.
Cette organisation en trois dimensions raccourcit certaines connexions et augmente la densité, mais elle rend la dissipation thermique encore plus délicate.
5. Changer de stratégie
L'évolution des processeurs ne dépend donc plus uniquement de la réduction de la taille des transistors.
| Approche | Principe |
|---|---|
| Miniaturisation | Intégrer davantage de transistors |
| Multicœurs | Effectuer plusieurs traitements en parallèle |
| Spécialisation | Confier certaines tâches à des circuits dédiés |
| Chiplets | Assembler plusieurs petites puces |
| Empilement 3D | Ajouter une dimension à l'intégration |
À vous
- Pourquoi ne peut-on pas augmenter indéfiniment la fréquence d'un processeur ?
- Quel est l'intérêt d'utiliser plusieurs cœurs ?
- Quelle différence faites-vous entre un processeur multicœur et un circuit spécialisé ?
- Pourquoi l'empilement 3D peut-il améliorer les performances tout en posant un nouveau problème ?